{"id":1786,"date":"2022-07-17T16:29:42","date_gmt":"2022-07-17T14:29:42","guid":{"rendered":"https:\/\/leseptiemeart.com\/?p=1786"},"modified":"2022-08-22T11:11:55","modified_gmt":"2022-08-22T09:11:55","slug":"les-affranchis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/2022\/07\/17\/les-affranchis\/","title":{"rendered":"Les Affranchis"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;T\u2019as fait ton bapt\u00eame de taule comme un chef&nbsp;et t\u2019as appris deux choses essentielles dans la vie&nbsp;: jamais balancer les copains et toujours la mettre en veilleuse.&nbsp;\u00bb<\/p><p><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>En trois mots&nbsp;? Captivant, survolt\u00e9, fracassant.<\/strong> <em>So, let\u2019s have a look&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sorti en 1990, <em>Les Affranchis <\/em>[<em>GoodFellas <\/em>en VO] de Martin Scorcese [<em>Taxi driver, Shutter Island<\/em>] est sans-nul-doute-possible, le meilleur film de gangsters que le septi\u00e8me ait port\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alors, c\u2019est quoi le pitch&nbsp;? <\/strong>Brooklyn, ann\u00e9es 50. Le jeune Henry Hill [Ray Liotta], un italo-irlandais ayant \u00e9migr\u00e9 aux Etats-Unis avec sa famille, nourrit le r\u00eave de devenir gangster. Le film retrace son ascension puis sa chute entre 1955 et 1980.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des films que certains \u00e9v\u00e9nements poussent \u00e0 (re)voir, comme la r\u00e9cente disparition de Ray Liotta, dont le rire gras aura marqu\u00e9 la d\u00e9cennie 90 et mon utilisation de WhatsApp aujourd\u2019hui. <em>Les Affranchis<\/em> est l\u2019adaptation de l\u2019ouvrage <em>Wiseguy <\/em>(1986), \u00e9crit par le journaliste Nicholas Pileggi. Le film revient sur l\u2019histoire vraie de Henry Hill &#8211; d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2012 &#8211; qui fut membre de la famille <em>Lucchese<\/em> de New York. De Henry Hill, on peut dire qu\u2019il est tomb\u00e9 dans le milieu quand il \u00e9tait petit. Hill a commenc\u00e9 par r\u00e9aliser de petites courses pour les gangsters du coin \u00e0 l\u2019\u00e2ge o\u00f9 ses cong\u00e9n\u00e8res se familiarisaient avec l\u2019alg\u00e8bre. Pr\u00e9f\u00e9rant consciemment le mode de vie et les valeurs d\u2019une famille mafieuse \u00e0 ceux de sa famille par le sang, Henry Hill apprend avec application et retient avec soin les codes du milieu. Nous, spectateurs novices, faisons nos premiers pas en m\u00eame temps que cet ambitieux gar\u00e7on. L\u2019id\u00e9e de d\u00e9marrer le film en pla\u00e7ant cet anti-h\u00e9ros et le spectateur sur une sorte de pied d\u2019\u00e9galit\u00e9, offre un point de d\u00e9part franchement immersif. Dans ses aventures, Henry est \u00e9paul\u00e9 par Tommy [Joe Pesci \u2013 Oscar du meilleur acteur dans un second r\u00f4le], boule de nerf \u00e0 la g\u00e2chette facile et Jimmy [Robert De Niro], figure paternelle \u00e0 l\u2019intelligence rassurante. C\u2019est en compagnie de ce trio charismatique, soud\u00e9 par l\u2019esprit clanique de la famille Lucchese, que nous suivons les trente ann\u00e9es qui ont \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin de la r\u00e9ussite puis de la d\u00e9ch\u00e9ance de Henry Hill.<\/p>\n\n\n\n<p>Le style de narration&nbsp;sur lequel le film prend racine, repose sur deux personnages, dont les visions du milieu s\u2019entrecroiseront tout du long&nbsp;: celle de Henry Hill bien s\u00fbr, gr\u00e2ce \u00e0 la voix off de Ray Liotta mais aussi celle de Karen, son \u00e9pouse \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, \u00e0 travers les interventions en voix off de la splendide Lorraine Bracco. L\u2019actrice incarne un r\u00f4le fort et rare pour cette \u00e9poque, celui d\u2019une <em>femme de<\/em> qui n\u2019a pas sa langue dans sa poche et n\u2019entend pas se laisser endormir par les hommes de la Famille, et en particulier par le sien.<\/p>\n\n\n\n<p>La narration sur trente ans est fluide, r\u00e9aliste, coh\u00e9rente et bien suffisamment d\u00e9cortiqu\u00e9e. En toile de fond, on suit la vie en vase clos de la famille Lucchese et en sur\u00e9paisseur, quelques \u00e9v\u00e9nements choisis des activit\u00e9s de gangster de Henry Hill. [A noter, s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre en son temps, <em>Les Affranchis<\/em> aurait pu facilement se transformer en biopic&nbsp;!].<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9pilogue prend appui sur une technique du th\u00e9\u00e2tre consistant \u00e0 <em>briser le quatri\u00e8me mur&nbsp;<\/em>[lorsqu\u2019un personnage s\u2019adresse directement au public]. C\u2019est un proc\u00e9d\u00e9 dont l\u2019utilisation est alors atypique au cin\u00e9ma, mais dont l\u2019effet est tout autant capable d\u2019interpeller un spectateur qui se serait trop confortablement lov\u00e9 dans son fauteuil [immersion jusqu\u2019au bout]. Quelle sortie&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et au final, on en pense quoi\u00a0?<\/strong> R\u00e9f\u00e9rence devenue un classique, <em>Les Affranchis<\/em> constitue le point culminant de la carri\u00e8re de Martin Scorcese. Capable d\u2019exacerber les sens, ce <em>Rise &amp; Fall <\/em>poss\u00e8de une port\u00e9e historique et culturelle ph\u00e9nom\u00e9nale. Bien que le film ait \u00e9t\u00e9 \u00e9tonnamment peu r\u00e9compens\u00e9 lors de la c\u00e9r\u00e9monie des Oscars de 1991, il s\u2019est largement rattrap\u00e9 depuis gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019engouement qu\u2019il a suscit\u00e9 et qu\u2019il continue de susciter chez le public. Pour prolonger le plaisir, je s\u00e9lectionnerais subjectivement et dans cet ordre\u00a0: le Parrain &#8211; volet 1 (1972), les Incorruptibles (1987), les Infiltr\u00e9s (2006).<\/p>\n\n\n\n<p>&gt; Actuellement sur Netflix<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;T\u2019as fait ton bapt\u00eame de taule comme un chef&nbsp;et t\u2019as appris deux choses essentielles dans la vie&nbsp;: jamais balancer les copains et toujours la mettre &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1787,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[27],"tags":[],"class_list":["post-1786","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-action"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1786","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1786"}],"version-history":[{"count":23,"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1786\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1922,"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1786\/revisions\/1922"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1787"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1786"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1786"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leseptiemeart.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1786"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}