La Mort Vous Va Si Bien
La Mort Vous Va Si Bien

La Mort Vous Va Si Bien

« Elle est morte ? Awww c’est dans ces moments-là que la vie vaut la peine d’être vécue ! »

En trois mots ? Burlesque, diabolique, grinçant. So, let’s have a look !

Sorti en 1992, La mort vous va si bien est une production injustement méconnue de Robert Zemeckis ; injustice qui mérite d’être réparée ce tantôt.

Alors c’est quoi le pitch ? Madeline Ashton est une mauvaise actrice. Actuellement à Broadway pour se produire dans une comédie musicale, elle invite sa rivale de toujours, Helen Sharp à y assister. A cette occasion, Helen lui présente son fiancé, le chirurgien esthétique Ernest Menville en espérant qu’il réussisse « l’épreuve Madeline Ashton ». Malheureusement, Ernest succombe rapidement aux minauderies de Madeline et finit par l’épouser. Ravagée et obèse, Helen sera admise en hôpital psychiatrique. Six mois plus tard, elle ne sortira de sa torpeur que grâce aux conseils de son médecin qui l’exhorte à « complètement éliminer Madeline Ashton [de son esprit] ». Mais Helen a-t-elle seulement entendu la fin de cette phrase ?

Heplà ! Pas si vite ! Si vous pensez qu’il ne s’agit que d’une sempiternelle histoire de querelles entre pestes, vous en êtes loin ! Ô tellement loin. Alors ajoutons quelques détails : conspiration, potion de jeunesse, secrets jalousement gardés, mensonges, empoisonnement, fusil dézingueur, maquillage au pistolet, enlèvement, voiture explosive, hectolitres d’alcool, stars ressuscitées. En bref, un scénario des plus farfelus pour cette amusante comédie fantastique. Ce film est une grinçante satire d’Hollywood, du culte de la jeunesse et des dérives qui y sont associées, une comédie largement théâtralisée à laquelle on se laisse prendre avec délectation grâce au formidable trio d’acteurs qui l’incarne. S’il est acquis que Meryl Streep est un véritable caméléon, Goldie Hawn est une découverte surprenante dans un tel registre, aussi sublime et drôle que manipulatrice. Quant à Bruce Willis, quel régal ! Il est méconnaissable et se fond avec aisance dans le personnage du mari benêt, flasque et ventripotent. Le film repose ainsi sur leurs relations et les répliques finement ciselées que chacun dégaine à loisir :

« Que je suis heureuse que tu sois venue ! Je ne savais pas si tu pourrais et j’en ai parlé à ma public relation qui m’a dit : Madeline Ashton irait à l’ouverture d’une enveloppe. Tu te rends compte comme ces gens sont cruels ? »

« Je sens que tu vas être très populaire en prison. Oui en prison. Tu sais ce que l’on fait aux chauves, mous, républicains bedonnant en prison, Ernest ? »

Et au final, on en pense quoi ? Cette comédie macabre est indémodable et les effets spéciaux – alors précurseurs dans les 90’s – sont encore capables d’impressionner aujourd’hui. Les jeux d’ombre, les reflets, les postures, les placements, les déplacements, les angles de vue, tout y est soigné à la perfection. En bref, une réjouissance absolue.

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